3 août 2026 Par Murielle Bayon-Lageux, experte Facture Electronique chez Proginov. Est-ce que les entreprises françaises vont être prêtes pour le big bang de la RFE au 1er septembre 2026 ? Les acteurs (Plateformes agréées, éditeurs de logiciels, cabinets d’expertise comptable…) seront-ils eux-mêmes prêts ? Comment va réagir l’État si ce n’est pas le cas ? Voici quelques interrogations auxquelles nous allons tenter de répondre. RFE, tous en ordre de marche ! Qu’on se le dise, l’État ne reculera pas et ne diffèrera pas l’entrée en vigueur de la RFE ! Les dates d’échéance restent donc les suivantes : septembre 2026, toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, doivent être en mesure de recevoir les factures de leurs fournisseurs ETI ou GE. Elles doivent pour cela être enregistrées dans l’annuaire de l’État. À cette même date, les ETI et les GE doivent également être en mesure d’émettre leurs factures au format RFE, quand les PME et les TPE disposent d’un délai supplémentaire d’un an pour s’y conformer.Si la loi prévoit une mise en demeure avec un délai de trois mois pour se mettre en conformité, suivie d’une amende de 500 € pour toute entreprise qui n’aurait pas de plateforme, puis de 1 000 € tous les trois mois, l’État sera, dans un premier temps dans un rôle d’accompagnement, plus que de sanction. Pour autant, il faudra prouver que vous avez bien entamé les démarches pour répondre aux exigences de la réforme.Le maître mot reste donc : tous en ordre de marche, à marche forcée s’il le faut ! Les enseignements de l’exemple Belge La Belgique a mis en œuvre sa réforme au 1er janvier 2026. Le parti pris belge s’est porté sur une version plus simple que la France : un seul réseau (Peppol), pas de e-reporting (prévu dans un second temps en 2028), avec même une incitation financière à la clé.Pour autant, à fin novembre 2025 (soit à un mois de la mise en œuvre), plus de 40 % des entreprises n’avaient pas fait les démarches nécessaires, ce qui a contraint l’État, tout en gardant la date initiale, à mettre en place une tolérance jusqu’au 1er avril 2026. « Factures perdues dans le réseau, doublons massifs, logiciels défaillants, experts-comptables au bord de l’épuisement » pouvait-on encore lire au mois de mars. Le lancement de la RFE s’est fait dans la douleur. Mais finalement, quelques mois plus tard, le constat est plutôt positif « C’est plus simple, dans le sens où il n’y a plus de problèmes liés à la réception des factures. On évite les pertes, les erreurs, ou les e-mails qui arrivent dans les spams. De ce point de vue, c’est un vrai progrès. » En France, que va-t-il se passer le 1er septembre ?La réforme française est plus complexe que la réforme belge : 3 formats, 44 cas d’usage (qui devraient bientôt passer à 47), plus d’une centaine de plateformes, et le e-reporting dont les contours ont été longtemps flous. Même si tous les acteurs sont en train de réaliser des tests, il faudra éprouver le système lors de la montée en charge brutale en septembre 2026, scénario impossible à jouer à l’avance. À l’image de Chorus pour ceux qui connaissent, il a fallu quelques temps pour que le système soit rôdé. Ce sera forcément le cas ici aussi, que ce soit pour les ERP, les logiciels de comptabilité, les plateformes ou tout simplement pour les utilisateurs qui devront prendre de nouvelles habitudes. Les ERP devraient globalement être prêts sur l’E-invocing avec la gestion des cycles de vie et les états de e-reporting. Il reste des doutes sur la communication entre ERP et PA, mais aussi entre PA entre elles, car leurs schémas techniques sont différents. Les entreprises devront aussi avoir correctement pensé leur plan d’adressage pour que tout se passe bien. Le travail sur la donnée, sur le bon choix d’adresse électronique pour que vos fournisseurs puissent adresser leurs factures au bon endroit est donc un travail crucial ! Pour rassurer ses clients, Proginov permet, si l’entreprise le souhaite, l’envoi d’un justificatif, qui ne peut légalement plus s’appeler « facture » mais qui en contient les données. L’état ne préconise pas cette solution, aussi ce format disparaîtra probablement au fur et à mesure de l’utilisation, à l’instar du passage des francs à l’euro, quand le montant en francs affiché dans un premier temps en compagnie de celui en euros a rapidement disparu. La patience et l’indulgence seront donc de mise, toutes les parties prenantes sont dans le même bateau, mais tout devrait assez rapidement rentrer dans l’ordre par la suite, comme nous le montre le cas belge. Et l’État sera nécessairement tolérant sur certains aspects, pour tous ceux qui auront mis le pied à l’étrier. Et après, quels seront les bénéfices ? Certes, le but de l’État avec cette réforme, est d’éviter la fraude à la TVA. Mais les entreprises pourront toutes y trouver des bénéfices, au-delà des gains de temps en saisie, notamment sur le raccourcissement des délais de paiement et l’automatisation des processus d’intégration des factures. On estime qu’un quart des défaillances d’entreprises sont dues à des problématique de paiement. Comme pour tout changement, les débuts demandent de l’adaptation et de la patience, mais nul doute que tout le monde saura identifier les bénéfices de cette réforme… quand elle sera pleinement opérationnelle. En tous cas, les équipes de Proginov seront sur le pont, fidèles à leur ADN de service !