Par Stéphane Delhommeau, Responsable hébergement

 

Cela fait désormais quelques années que l’on entend parler de bitcoin, et chacun s’en est fait une idée « générale ». Si cette monnaie virtuelle est surtout connue pour l’utilisation sulfureuse qui en est faite, la technologie qu’elle utilise intéresse vivement le monde de l’informatique.

Alors le bitcoin, qu’est-ce que c’est ?
Le mot en lui-même est composé de « coin », monnaie en anglais et de « bit », unité de mesure informatique binaire. Il s’agit donc d’une monnaie virtuelle dont on ne connaît pas le ou les inventeurs si ce n’est qu’il(s) se cache(nt) sous le pseudonyme Satoshi Nakamoto.

Le bitcoin est totalement virtuel et n’est pas régi par une banque centrale ou un gouvernement mais par une communauté d’internautes. C’est ce que l’on appelle une crypto-monnaie. Elle sert à payer des services, des biens ou encore à acheter d’autres devises. Très connue (même si elle n’est pas la seule dans son genre), cette monnaie est désormais acceptée par de nombreux commerces en ligne et boutiques.
Pour s’en procurer, il suffit d’aller sur des plateformes d’échanges. Son cours est très fluctuant : de quelques centimes à son lancement, il est monté à 1 000 dollars à l’automne 2013, pour retomber ensuite à 200 dollars en 2015, et s’envoler à plus de 2 000 dollars dernièrement.

Comment sont émis les bitcoins ?
C’est un logiciel gratuit qui permet de créer cette monnaie et seuls des spécialistes équipés de serveurs très puissants sont capables d’en émettre. Il faut pour cela résoudre des équations successives avant d’obtenir un bitcoin. L’algorithme génère les bitcoins en nombre décroissant jusqu’à ce que le total en circulation (actuellement plus de 16,4 millions d’unités, représentant une capitalisation totale d’environ 43 milliards de dollars), atteigne le plafond de 21 millions.

Pourquoi cette technologie intéresse-t-elle les informaticiens ?
Le système de cryptage employé garantit en théorie la sécurité et la traçabilité des transactions. Mais l’anonymat des transactions en font un instrument apprécié des trafiquants en tous genres. C’est la monnaie exigée pour payer les rançons des ransomwares par exemple. Mais le principe technologique (appelé Blockchain) de cette monnaie intéresse les informaticiens. En effet, la blockchain constitue une base de données qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Cette base de données est sécurisée et distribuée : elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne. Comme l’écrit le mathématicien Jean-Paul Delahaye, il faut s’imaginer « un très grand cahier, que tout le monde peut lire librement et gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, mais qui est impossible à effacer et indestructible. » C’est pourquoi les banques, notamment, travaillent sur ces technologies.