Par Brice Fritschy, Directeur commercial de Proginov

L'ERP monolithe

Lorsqu’il s’agit de choisir une solution pour la gestion de leur entreprise, les décideurs peuvent être confrontés à un choix difficile entre l’ERP monolithe et la stratégie « best of breed » (à savoir, choisir la solution spécialisée pour chacun de ses besoins fonctionnels). Et si on cessait d’opposer ces deux modèles pour en tirer le meilleur parti ? Bien que ces deux approches soient très différentes, elles peuvent néanmoins cohabiter dans un système d’information bien conçu et offrir des avantages considérables pour les entreprises qui auront un plan d’action bien défini.

Le choix risqué du best of breed

La stratégie « best of breed » consiste à choisir la meilleure application pour chaque pan fonctionnel de son entreprise. Cette approche, très tentante, permet de profiter de solutions spécialisées. Le revers de la médaille est qu’elle nécessite des intégrations supplémentaires avec des coûts qui se multiplient sur chaque solution (migrations, formations, maintenance). Mais surtout, le plus grand risque est de finir avec un système d’information constellaire, une usine à gaz impossible à maintenir. La question de la responsabilité va également se poser, car la multiplicité de solutions et donc d’interlocuteurs engendre la plupart du temps des difficultés d’exploitation : quelle solution est responsable et maître de la donnée ?

Le choix raisonné de l’ERP

D’un autre côté, l’ERP monolithe est une solution intégrée qui couvre de nombreux processus tels que la comptabilité, la gestion des ressources humaines, la chaîne d’approvisionnement, les ventes ou encore la gestion de la relation commerciale (CRM). Ce type de solution offre une vue complète de l’entreprise et une gestion centralisée des données : saisie unique, fiabilité de la donnée, partage de l’information et des process d’acquisition. Cependant, étant généraliste, des solutions dédiées peuvent paraître plus complètes sur des pans fonctionnels précis.


Et si les deux approches pouvaient cohabiter pour à la fois centraliser la donnée, réduire le nombre d’interlocuteurs et donc recentrer la responsabilité, tout en allant plus loin sur quelques processus critiques pour l’entreprise ? En utilisant une base solide grâce à un ERP qui répondra à la majorité de ses besoins d’exploitation, l’entreprise pourra ensuite ajouter ou compléter son environnement par quelques solutions annexes et pour lesquelles elle a besoin d’aller plus loin que l’ERP. Elle disposera ainsi d’un environnement complet et solide, fonctionnant main dans la main avec deux ou trois autres solutions maximum. Cette stratégie permet donc de tirer le meilleur des deux mondes.


En conclusion, il n’y a pas de réponse unique à la question de savoir si l’ERP monolithe ou la stratégie « best of breed » est la meilleure. La décision dépend des besoins uniques de chaque entreprise et de la manière dont ils évoluent au fil du temps. En utilisant une approche flexible tout en gardant un ERP fort et maître de la donnée, les entreprises peuvent ainsi tirer le meilleur parti de ces deux stratégies pour atteindre leurs objectifs.

Néanmoins, il est important d’ajouter que le chiffon rouge de l’hyperdépendance, souvent agité par les consultants qui se nourrissent des changements, est déclinable dans les deux univers sachant que le « Best of breed » souligne le rôle central de la DSI dans la logique de structuration et de maintenance au long court d’un système complexe.